Showing posts with label psy. Show all posts
Showing posts with label psy. Show all posts

Wednesday, June 12, 2013

Docteur Fred, c'est bien Twitter ?


OUI.


Bon, ok, le lecteur est en droit d'attendre une réponse légèrement plus élaborée à cette question et je vais donc, une nouvelle fois, me mêler de ce qui ne me regarde pas à la manière du célèbre Professeur Rollin qui aurait encore quelque chose à dire.

Twitter tout d'abord c'est quoi ?

C'est un réseau social dit "ouvert", où tout le monde peut s'abonner à tout le monde et où tout ce que l'on "twitte" est public.

L'idée est simple : j'envoie des messages courts type SMS de 140 caractères maximum dans la marée des messages des autres Twittos (petit surnom sympa donné aux utilisateurs de Twitter). En gros, j'écris ce que je veux sans attendre de réponse et sans m'adresser à quelqu'un en particulier.

C'est très futile mais également très utile.

Qu'est-ce qu'on dit sur Twitter ?

Tout et n'importe quoi...

"Aujourd'hui, il fait beau"

"Vivement les vacances"

"Wow j'ai lu un super article sur un blog d'un psy et j'aimerais vous le faire partager : en voici le lien"

"Qu'est-ce que je m'éclate au soleil... Tenez un lien vers mes photos de vacances"

"Moi je suis pas d'accord avec M. Bidule qui fait de la politique"

"Attention tremblement de terre ici et maintenant"

Bref, vous l'aurez compris, il y a autant de possibilités d'utilisation que d'utilisateurs... Certains y trouvent même une fonction cathartique (je ne serais pas un vrai psy si je n'utilisais pas des mots compliqués pour faire croire que je suis intelligent ou au moins cultivé...) à savoir un moyen de purger leurs passions, de se défaire de quelque chose, un peu comme on le fait chez un psy d'ailleurs (tiens, tiens...).

"Mon patron est pas gentil" ou encore "mon père était méchant, il me frappait".

Alors au final sur Twitter, c'est un peu comme chez le psy, on se raconte, on dit ce qui nous passe par la tête selon un principe proche de la libre association à l'exception qu'on s'associe parfois aux associations des autres.

Pour ma part, je trouve ça fascinant et j'invite tous ceux qui n'ont pas encore twitté à se donner le temps d'essayer.


Le plus génial sur Twitter c'est que nos messages sont conservés, horodatés et peuvent même être géolocalisés.

Imaginez dans cinq siècles, les socio-archéologues numériques qui pourront remonter le temps sur Twitter et obtenir des témoignages directs d'évènements historiques simplement en filtrant les messages stockés sur les serveurs de Twitter par date et coordonnées GPS ? Imaginez si nous pouvions aujourd'hui lire les tweets de 1789 au moment de la révolution française ?

Twitter c'est le futur et le futur de Twitter c'est aussi la possibilité de pouvoir plonger nos regards dans le passé.

Imaginez pouvoir appréhender la personnalité de votre arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père au travers de ses tweets ? De se dire que @grandpapa78758111554 était un rigolo (parce qu'il va aussi y avoir un gros problème de disponibilité de pseudos avec le temps et donc les pseudos vont finir par s'allonger) ?

Ou peut-être même relire les premiers messages publics échangés entre @grandpapa78758111554 et @grandmere5515165161616 ?

C'est pas cool ça ?

Très certainement.

Tuesday, June 11, 2013

Docteur Fred, c'est quoi l'Amour ?


Je ne suis pas certain qu'un psychiatre soit la personne la mieux qualifiée pour définir l'amour et loin de moi l'idée de sombrer dans la dérive contemporaine qui consiste à penser que les psys ont réponse à tout. Néanmoins, qu'on le veuille ou non, on est confronté, en tant que psy, à l'Amour avec un grand A au quotidien, tout simplement parce que ce sentiment merveilleux est aussi à l'origine des pires souffrances et des pires angoisses.

Alors au final c'est quoi l'Amour ?

La meilleure définition que je puisse en donner est qu'il n'y en a pas parce que l'Amour ce n'est pas une liste de pour ou de contre, ce n'est pas rationnel, ce n'est pas simple, ce n'est pas logique, ce n'est pas voulu.

L'Amour c'est ce sentiment qui arrive à l'improviste sans qu'on s'y attende et qui change tout. L'Amour c'est ce qui nous rend plus léger que l'air et nous fait nous envoler. L'Amour c'est ne plus penser au lendemain et se sentir vibrer en phase avec l'univers. L'Amour c'est à 70 ans, dire je t'aime comme la première fois à 15 ans.

L'Amour c'est ce sentiment qu'on pense éternel alors qu'on le sait éphémère. L'Amour c'est ne plus penser à autre chose qu'à l'être aimé comme un obsessionnel ne pense plus qu'à ses "TOCs". L'Amour c'est être terrassé par le manque quand l'autre n'est pas là.

L'Amour c'est s'approcher du divin en traçant une ligne simple et droite dans notre vie et en lui donnant un sens. L'Amour c'est s'affranchir de ses angoisses existentielles. L'Amour c'est se reconnaître dans l'autre. L'Amour c'est d'abord penser à l'autre.

L'Amour c'est pouvoir, quand ça ne va pas, s'endormir sur les genoux de l'être aimé en se sentant apaisé et protégé.

L'Amour c'est tout quitter pour partir à l'autre bout du monde rejoindre l'être aimé et ne jamais le regretter.

L'Amour c'est pardonner la pire des trahisons parce que l'être aimé et l'Amour qu'on lui porte comptent plus que sa fierté.

Mais...

Parce qu'il y a bien un Mais avec un grand M.

L'Amour c'est aussi courir le risque de connaître les pires maux psychiques le jour où il n'est plus partagé. L'Amour c'est perdre tout sens qu'on ait pu donner à sa vie et se retrouver apathique et aboulique à l'improviste sans l'avoir cherché.

L'Amour c'est être terrassé par le départ de l'autre. L'Amour c'est penser, lorsqu'il s'échappe, qu'on ne pourra plus revivre cela et de ne pouvoir se raisonner ni s'arrêter de trembler comme une feuille morte.

L'Amour c'est donc prendre un Risque qu'on ne peut calculer. C'est courir ce Risque d'être heureux très longtemps ou de souffrir à jamais.

L'Amour c'est ce qui nous rend humain, capable du meilleur mais aussi du pire. L'Amour c'est un jour faire tout pour l'être aimé et un autre tourner la tête lorsqu'on le ou la croise dans la rue sans même lui adresser la parole.

Mais s'il n'y avait pas l'Amour, comment pourrait-on vivre ?


Monday, June 10, 2013

La Souffrance Psychique, Cet Outil Thérapeutique


On va voir quelqu'un (expression maintenant consacrée comme si reconnaître à haute voix que l'on va voir un psy serait quelque chose de honteux) en général parce que l'on souffre.

Des questions qui reviennent souvent dans la bouche des patients sont de savoir si le psy qu'ils ont en face d'eux peut les comprendre :

"Docteur, vous êtes marié ?"
"Docteur, vous avez des enfants ?"
"Docteur vous avez encore vos grands-parents ?"

Pourtant, on nous apprend, dans notre formation, à garder une certaine distance vis-à-vis de nos patients, à ne pas trop nous impliquer, à ne pas partager notre vie personnelle avec eux pour qu'il y ait une barrière nette entre nous, pour que l'on garde une distance et une certaine objectivité.

On nous apprend que nous ne sommes pas là pour nécessairement comprendre mais pour aider. Le paradoxe c'est que beaucoup de gens sortent de chez le psy sans y retourner parce que justement ils ne peuvent supporter cette distance et cette froideur qu'ils peuvent être amenés à ressentir, parce qu'ils ont le sentiment de justement ne pas avoir été compris.

Evidemment tout dépend de l'abord théorique qu'a le psy avec son patient. Un psychanalyste sera évidement beaucoup plus dans la distance qu'un thérapeute cognitivo-comportemental. C'est au final au patient de choisir et trouver son psy comme s'il fallait, lorsqu'on souffre, en plus faire des recherches pour comprendre ce que peuvent être les différents abords psychothérapiques.

Et si au final, ce n'était pas au psy de s'adapter au patient plutôt que l'inverse ? Ne sommes-nous pas là pour aider nos patients plutôt que de nous enfermer dans nos croyances et nos modèles théoriques qui peuvent ou ne peuvent pas s'adapter à l'un ou l'autre ?

Pour ma part, c'est le choix que j'essaie de faire : m'adapter à mon patient, trouver des moyens de l'aider, utiliser mon empathie, dire parfois des choses comme : "moi aussi j'ai perdu mes parents donc je sais VRAIMENT ce que vous traversez et je sais aussi qu'on peut s'en sortir. Je sais aussi qu'un jour la douleur diminuera".

Etre psy c'est avoir traversé dans sa vie des moments noirs, des moments de deuil et de souffrance et de se donner la mission de mettre tout en oeuvre pour en sortir ceux qui vivent, à leur tour, des moments similaires.

Etre psy c'est reconnaître que la souffrance psychique existe, qu'elle est parfois nécessaire, qu'elle est la pire des douleurs mais qu'à travers un regard, l'autre peut ressentir que celui qui est en face de lui n'est pas indifférent à ce qu'il vit, qu'il sait de quoi il s'agit et qu'il est là et ne bougera pas tant que ça n'ira pas mieux.

Au fond, être psy c'est faire de sa douleur une arme qui un jour aidera à guérir celle des autres...